Le 22 mai 2026, la Cour d’appel de Tanzanie a publié sa décision sur le traitement fiscal des surestaries (demurrage). Étant donné que cette décision émane de la Cour d’appel, la plus haute juridiction de Tanzanie, elle s’applique immédiatement et fixe la position juridique pour l’avenir. La décision est particulièrement importante pour les entreprises du secteur du transport maritime et de la logistique, car elle apporte une plus grande sécurité juridique.
Contexte de l’affaire et décision des juridictions
En 2023, à la suite du contrôle fiscal et d’échanges avec le Gulf Badr Group, l’administration fiscale tanzanienne (TRA) a soumis à la TVA les surestaries que la société avait perçues. Ces frais surviennent dans le secteur du transport maritime lorsque les importateurs ou les destinataires ne restituent pas les conteneurs maritimes dans le délai franc convenu, appelé temps de planche (laytime). Ces frais ont pour objet d’indemniser le transporteur pour la perte d’usage de l’équipement, tout en encourageant les restitutions dans les délais afin de maintenir des opérations logistiques efficaces.
La société a fait valoir que les surestaries ne constituent pas la contrepartie d’une livraison, mais plutôt une pénalité pour la restitution tardive des conteneurs, et qu’elles échappent donc au champ d’application de la TVA. Toutefois, ni la TRA, ni le Tax Revenue Appeals Board, ni le Tribunal n’ont retenu cet argument. En conséquence, la société a interjeté appel devant la Cour d’appel, qui a été invitée à déterminer si les surestaries constituent une livraison imposable au regard de la loi sur la TVA et si elles pouvaient au contraire être traitées comme faisant partie d’un service de transport international soumis au taux zéro.
Après avoir soigneusement examiné les articles pertinents de la loi sur la TVA, la Cour d’appel a jugé que de tels frais, qui surviennent en tant que pénalités pour rupture de contrat en raison de la restitution tardive des conteneurs maritimes, ne constituent pas une livraison imposable. Par cette décision, la Cour d’appel a infirmé les décisions antérieures, qui avaient retenu l’argument de la TRA selon lequel les surestaries devaient être traitées comme une forme de loyer et donc soumises au taux normal de TVA de 18 %.
Conclusion
En définitive, la Cour d’appel a déterminé que les surestaries échappent au champ d’application de la TVA. Cela a des implications importantes non seulement pour les acteurs des secteurs du transport maritime et du transport, mais aussi pour toute entreprise où des frais similaires surviennent. Outre qu’elle apporte une clarté juridique importante aux entreprises, la décision réduit également potentiellement l’exposition aux redressements de TVA antérieurs.
Source : EY

